La biographie de Jean-Pierre Coffe

L’histoire commence en 1938, à Lunéville, en Lorraine… Jean-Pierre Coffe y passe une grande partie de son enfance.

Son père, il ne l’a jamais connu. Mobilisé en 1937, il meurt à la guerre en 1940, laissant à sa mère le soin de reprendre le salon de coiffure.

Sa grand-mère Marie, cuisinière dans une maison bourgeoise, et son grand-père Victor, maraîcher à Lunéville —arrêté par les Allemands pour avoir traité un officier de “ cochon ” —, seraient-ils à l’origine de sa passion pour le “ savoir manger ” ?

En 1944, il est accueilli au titre de pupille de la nation par la famille Fleury, fermiers à Montmelon-Dessous, dans le Jura suisse. L’occasion pour lui de s’initier aux joies et réalités de la vie à la campagne.

À treize ans, il découvre, ébloui, l’Opéra-Comique, où sa mère qui a quitté la Lorraine pour Paris l’emmène volontiers, quand il échappe à la rigueur du pensionnat.

Parce qu’il a de la suite dans les idées, il s’inscrit, adolescent, au Cours René Simon, n’hésitant pas, pour subvenir à ses besoins, à faire du repassage dans une teinturerie, toutes les nuits de 4h à 7h !

À nous deux le public ! Il part en tournée, joue Le Misanthrope entre autres pièces du répertoire.

Dix-huit ans déjà et… plus de 120 kilos ! Un régime drastique, sous la houlette d’un “ spécialiste ”, le déleste de 30 kilos…et de tous ses cheveux.
Trois années de service militaire — en pleine guerre d’Algérie — freinent considérablement sa carrière théâtrale, quand bien même, pupille de la nation, il est cantonné au fort de St-Cyr. Avec Max Gallo, affecté comme lui au service météo, il crée un journal antimilitariste intitulé “ le Temps ” … interdit dès le troisième numéro !

“ Ne sait rien faire, mais plein de bonne volonté ”, il n’en faut pas davantage pour qu’une célèbre marque de papier à cigarettes, interpellée par cette annonce facétieuse dans le Figaro, lui ouvre pour sept ans les portes de sa direction commerciale.

Directeur commercial encore aux Éditions Robert Laffont… jusqu’à ce qu’un grave accident de voiture le cloue au lit pour 2 ans !

Jamais à court d’idées, il monte, une fois rétabli, sa propre agence de relations publiques et crée, au début des années 1970, l’association Les Grands-mères au pair. Utopie que de placer des personnes âgées dans des familles pour les vacances ? Pas tant que ça, grâce à lui, plus de 5.000 personnes goûtent aux joies de l’évasion.

Patatras, c’est la faillite !… Et un an de vie en autarcie sur son propre jardin à la campagne…

La restauration ? C’est Henri Gault qui l’encourage dans cette voie. En 1976, il se lance, monte successivement les restaurants La Ciboulette, rue Saint-Honoré — Jean Poiret qui joue La Cage aux folles au Théâtre du Palais-Royal est un fidèle — puis Modeste, devenu un haut lieu de la nuit parisienne — ses clients s’appellent Yves Boisset, Joseph Losey, Luis Buñuel, Graham Greene… ses complices Jean Carmet et Jean-Claude Carrière.

Michel Denisot et Pierre Lescure fréquentent aussi l’établissement et tout naturellement, sensibles à sa verve inimitable, lui proposent de passer une audition pour Canal Plus.

1985, seconde faillite ! Plus de trois millions de francs de dettes après avoir été escroqué par un homme d’affaires libanais.

La télévision ? Elle n’a plus de secret pour lui. Il fourbit ses premières armes sur Canal Plus — 1984, La Grande famille, de Jean-Luc Delarue, Demain, de Michel Denisot —, rejoint France 2, en 1993 — C’est tout Coffe, 1994-95, avec le jeune Jonathan Lambert, dans le rôle du “ candide ” —, puis France 3 — 1992-93 Comment c’est fait ? à l’intention des enfants — avant de présenter Bien jardiner sur TF1 en 1999 —, retour sur France 2, en 2003 — Vivement Dimanche Prochain, de Michel Drucker.

À l’aube du XXIème siècle, il n’a de cesse de donner aux plus jeunes l’exemple des grands aînés. Sur la chaîne Demain, Jean Glavany, Jean-Jacques Beneix, Nino Cerruti, entre autres invités, répondent à la question Demain… Pour quoi faire ?

La scène ? Il en rêvait depuis l’âge de seize ans. Lorsque Francis Saliéri, en 1985, lui propose de mener une revue à l’Alcazar, il accepte.

Il avait déjà “ tâté ” du cinéma, modestement d’abord, de dos, à dix-huit ans, dans Que les hommes sont bêtes, il y revient, plus présent, dans What a flash (Jean-Michel Barjol, 1972), Violette Nozière (Claude Chabrol, 1978), La Clé sur la porte (Yves Boisset, 1979), Ils sont grands ces petits (Joël Santini, 1979), Au bout du bout du banc (Peter Kassovitz, 1979), Gros Câlin (Jean-Pierre Rawson, 1980, avec Jean Carmet), Un amour de Swann (Volker Schlondorff, 1984, avec Jeremy Irons, Alain Delon), Sac de nœuds (Josiane Balasko, 1985), Triple sec (Yves Thomas, 1986)…

…auxquels s’ajoutent ses participations à quelques téléfilms, dont Monsieur Liszt (Claude Chabrol, 1981), Une page d’amour (Serge Moati, 1995, avec Miou Miou et Jacques Perrin), La Bataille d’Hernani (Jean-Daniel Verhaeghe, 2002), Les Thibault (Jean-Daniel Verhaeghe, 2003)

Infatigable, curieux de tout, il est l’auteur de nombreux ouvrages, guides culinaires, livres de recettes, conseils de jardinage — il a préalablement tout expérimenté dans sa propriété de Châteaudun, son parc floral et son jardin potager —, d’un essai — De la vache folle en général et de notre survie en particulier—, ainsi que d’une pièce de théâtre — Descente aux plaisirs, 1997, mise en scène par Pierre Mondy, interprétée par Annie Girardot.

Avec Pierre Tchernia, il signe, en 1997, un hommage à Jean Carmet, dans le cadre de la Nuit Carmet de Canal Plus, et un “ cinquante-deux minutes ” consacré à Depardieu vigneron.

La radio ? Elle ne pouvait pas le laisser indifférent. R.T.L. — les Grosses têtes depuis 1986— et France Inter — Ça se bouffe pas, ça se mange — se partagent ses faveurs.